Mon regard
 
 
 
 
 
 
 
 
Je ne vole rien à l’instant, je lui demande doucement s’il veut bien rester.
Ta manière de photographier de filmer vient-elle de ta carrière dans la danse ?
Oui, profondément.
La danse m’a appris à voir différemment.
À sentir avant de regarder.
À trouver le mouvement même dans l’immobile.
Dans chaque image, je cherche un rythme, un élan.
Comment tu abordes une séance?
Comme une rencontre.
Je n’arrive pas avec une image toute faite, mais avec l’envie de découvrir.
J’observe beaucoup, je laisse venir.
C’est un dialogue, parfois sans mot. Un peu comme une improvisation : on écoute, on s’ajuste, et puis… quelque chose se passe.
Et pour la vidéo…
Il y a une part pensée, préparée. On réfléchit aux séquences, aux cadrages, on imagine le rendu, on sent le rythme, on choisit le bon timing.
Et puis, parfois, sur le moment, on laisse l’instant faire.
On suit l’intuition.
Et la magie opère. Pas toujours… mais quand elle est là, c'est beau.
Qu’est-ce qui guide ton regard?
L’émotion, comme pour tous.
Pas celle qu’on montre, mais celle qui passe.
Un geste un peu fragile, une lumière qui frôle.
Je cadre comme sur scène : assez près pour sentir,
assez loin pour laisser respirer.